N.B : cet article a été publié initialement en anglais pour le projet 12 Days of Anime Christmas. Je le traduis ici pour pratiquer mon français. Si vous trouvez des erreurs, n’hésitez pas me laisser savoir.

La deuxième saison de Hibike! Euphonium nous a donné beaucoup de beaux moments :  des conversations honnêtes, des monologues qui définissent les caractères, des expressions absolument drôles (je ne vais jamais me fatiguer de ça), et des séquences dont la présentation audio-visuelle suffit à exprimer leur beauté. Je voudrais parler ici d’une telle séquence : le solo d’Asuka vers la fin du troisième épisode (disponible ici sur Crunchyroll).

On commence en suivant Kumiko qui fait une promenade matinale somnolente. Elle s’était couchée tard la nuit précédente, ne pouvant pas s’empêcher de penser du drame de la fanfare dans lequel elle s’est trouvée impliquée. Cependant, quand elle gromelle de ne pas avoir eu de sommeil, l’éclairage s’éclaire comme sur demande [20:38 dans le vidéo]. L’écran devient baigné du soleil du matin, réfléchissant sur les champs et les pentes. Et immédiatement, on entend les notes d’un euphonium solitaire. Des lignes directrices sur l’écran montrent un chemin qui disparaît dans le lointain, comme pour laisser entendre que les notes viennent d’un endroit brillant et mystérieux [20:51].

On voit Kumiko monter un escalier, comme si on entre dans une monde cachée. La première chose que l’on voit dans cette monde est un gros plan des lèvres d’Asuka avec l’embouchure de son euphonium [20:56], suivi d’un plan de Kumiko écarquillant les yeux [21:08], et finalement d’un plan de la forme floue d’Asuka déboute au milieu d’une clairière isolée [21:11]. Ces plans ont l’air de souligner que Asuka est dans son havre de paix avec son euphonium, où nous sommes presque intrus.

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Pourtant, Kumiko ne serait pas les yeux d’audience si elle n’avait pas accès aux moments comme celui-ci. Alors, on regarde Asuka sous la lumière de soleil, les notes de son euphonium sautant vers le plafond du gamme de son instrument et osant de grimper plus haut : touchant le mi bémol, puis atteignant même la hauteur du la bémol. La perce conique de l’euphonium donne même ses notes aigus un son doux, contrairement au son perçant des instruments aux perces cylindriques comme la trompette.

Ce moment-ci est infusée des émotions aussi brutes et honnêtes que tout autre monologue ou aveu. Souvenons-nous que Asuka cache toujours ses pensées au-dessous d’une façade joviale, donc les moments rares où on la trouve seule nous permettent d’entrevoir son vrai caractère. Elle ne parle pas ici, mais elle n’en a pas besoin. On sait déjà qu’elle se consacre à son art avec une passion féroce, et que le drame interpersonnel ne l’intéresse pas [1]. On apprendra plus tard qu’elle a des conflits chez elle et que le morceau qu’elle joue est composé par son père dont elle est séparée, qui sera un juge au concours national. Dans ce contexte, alors, le solo dans la clairière isolée est un moyen d’échapper au drame inutile de la fanfare, et la mélodie ardente est un moyen de se rapprocher de son père qu’elle ne pouvait qu’admirer de loin.

Selon la narration de Kumiko, “plusieurs couches de sentiments se superposent” dans cette mélodie, mais on le sait déjà. La présentation nous l’a clairement exprimé.


[1] J’aurais voulu dire ici qu’elle “s’en fiche du drame interpersonnel”, mais je ne sais pas si cela serait trop informel : je voudrais maintenir un équilibre entre une force d’expression et un semblant de formalité. La version anglaise est “doesn’t give two flying fiddlesticks about interpersonal drama”.

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